Nous avons attendu longtemps, trop longtemps dans cette salle d'attente où tous les enfants étaient plus petits que le mien. Un étudiant nous a appelés. Nous nous sommes assis dans ce bureau trop petit, nous avions chaud. Le professeur L. se souvenait très bien de mon grand, pourtant la première opération remonte à 2005, mais "un kyste de la quatrième fente, c'est rare"... ben oui évidemment ! Une phrase, une seule phrase a suffi à me ruiner le moral, mais elle est tombée, le verdict est tombé : "il faut qu'on opère". Les larmes me sont montées aux yeux, j'étouffais dans cette pièce minuscule où nous étions quatre. Mon fils regardait, comprenait qu'une fois de plus il allait être hospitalisé, une fois de plus anesthésié. Mais que faire? que dire? je n'avais pas les mots. "J'ai une possibilité le 4 novembre, il devra arriver à l'hôpital la veille et sortira peut-être le vendredi, mais comptez plutôt le samedi". Tout s'organise, on remplit les papiers. Encore deux longues heures d'attente pour voir l'anesthésiste, le prix à payer pour ne pas refaire un aller-retour sur Tours.

On sort de l'hôpital, je suis abasourdie, fatiguée et là, je ne peux retenir mes larmes. Il faudra revenir. Je l'ai accompagné en pleine forme, il va bien et tout va recommencer. C'est mon grand lui-même qui me rassure, lui qui me dit de ne pas m'inquiéter, mais non, je ne peux pas, j'ai une peur viscérale de l'anesthésie, un truc incontrolable. La route du retour est longue, les larmes coulent. On arrive tard à la maison, on dîne et les enfants doivent aller au lit.

J'entre dans sa chambre, et là ce grand bonhomme qui m'avait soutenue tout l'après-midi craque, à son tour il se met à pleurer. L'inquiétude le gagne. Il a peur. Je le prends dans mes bras et essaie de le rassurer... mais j'ai une boule dans la gorge. J'ai peur aussi.

Les trois nuits qui vont suivre seront sans sommeil. Aujourd'hui je voudrais être plus vieille de trois semaines, je voudrais faire le chemin à l'envers. Je voudrais pouvoir lui dire que c'est enfin fini....