... nos lycéens !!! Une semaine qu'ils sont dans la rue, une semaine qu'ils sèchent en toute impunité. Hier j'avais cinq heures de cours, j'ai fait le compte, j'ai vu 23 élèves au total. On bricole, on les occupe et occasionnellement on fait cours avec ceux qui ont bravé les blocus, les insultes et autres barrières pleines de mayo et de ketchup.

Je suis arrivée hier au lycée, entrée principale bloquée par une poignée d'élèves assis sur des chariots de l'hypermarché du coin, chariots enchaînés à la grille !!! Je contourne, je file à l'entrée du parking des profs, la grille est ouverte : ils l'ont cassée !! Une vague rumeur : des élèves vont dormir devant le lycée....

A 17 ans, je pensais à mon bac, à mes études, à ce que j'allais faire pendant les vacances, à l'an 2000. Oui à l'an 2000, si énigmatique à l'époque.... mais certainement pas à ma retraite. Aujourd'hui on les dit impliqués, plus responsables.... soit.... Je les côtoie tous les jours et je vous assure que la France de demain me fait peur. Ils ont des grandes idées sur tout mais ne pensent à rien.

Pourtant, oui pourtant, je les aime ces ados, c'est pour eux que je suis devenue prof parce que j'aime ce que je fais, parce que j'aime la relation avec eux, mais aujourd'hui on ne se comprend plus, je ne les comprends plus.

Certes, c'est un article beaucoup plus polémique que d'habitude, probablement la première fois que je parle "politique" ici, mais je suis révoltée quand j'entends une certaine dame inciter ces gamins - oui, ce ne sont que des enfants!- à aller dans la rue. Elle est irresponsable, et finalement complètement folle. A-t-elle mesuré la portée de ses paroles? A quoi ressemble la France aujourd'hui si même les adultes envoient leurs enfants au charbon?

Vendredi dernier ces mêmes enfants ont mis le cahos dans la ville ; venus de tous les lycées du centre, ils ont envahi (et le mot n'est pas trop fort) les établissements scolaires, il y a eu de la casse, beaucoup de casse, un prof a été molesté, une gamine s'est retrouvée avec le nez cassé. Je me suis retrouvée au milieu de ce fatras, de cette bande de casseurs. J'ai eu peur. Evidemment il ne faut pas stigmatiser tous ces jeunes, Dieu merci, encore minoritaires... mais une minorité bruyante, révoltée et impossible à maîtriser.

Soyons responsables nous les adultes, protégeons-les. Notre rôle n'est certainement pas de les envoyer dans la rue....D'accord ou pas d'accord avec ce que fait Sarko, là n'est pas le problème, ces enfants ne sont de toute évidence pas à leur place.

La France marche sur la tête....